Stefano MASSINI

Femme non-rééducable

Traduit de l’italien par Pietro Pizzuti, 2010, 96 p.
ISBN : 2851817388 - 12,50€

Résumé :

Trop lointaines ou trop longues, il est des guerres qui n'intéressent personne. À Grozny, la guerre est finie, officiellement, mais derrière les mitraillettes et les chars, la Russie est toujours là. Unique journaliste russe à avoir couvert la guerre en Tchétchénie, Anna Politkovskaïa, non-rééducable, du titre que lui donne l'État major russe, n'est pas là pour juger. Les faits parlent d'eux-mêmes. Régulièrement menacée, elle revient sans cesse sur le terrain, rapportant les propos de ceux qui témoignent au péril de leur vie. En octobre 2006, Anna Politkovskaïa est retrouvée assassinée dans la cage d'escalier de son immeuble moscovite. La pièce est un montage de six années de notes, d'articles, d'interviews, de correspondances, écrits avec respect, effroi et lucidité sur deux camps qui se déchirent. Grozny dévastée, le bonheur insensé d'avoir de l'eau courante, le réveil dans un lit d'hôpital après une tentative d'empoisonnement... Les lettres disent l'indicible, la violence d'un monde trop dur pour y survivre : Stefano Massini impose une langue radicale et glaciale. Il y est aussi question de théâtre : quand la parole est muselée, quelle échappatoire reste-t-il face au silence ? Quel rôle le théâtre peut-il encore jouer quand on sait que, dans le temps de la représentation, en Tchétchénie l'enfer continue ?

Stefano Massini a reçu, en 2005, le Premio Pier Vittorio Tondelli, le plus important prix de dramaturgie contemporaine en Italie.

 

L'arche éditeur