Femme non-rééducable

est un mémorandum théâtral en souvenir de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. Stefano Massini raconte par "chapitres" indépendants une Tchétchénie condamnée depuis des siècles à la guerre, avec une franchise brutale qui évoque parfaitement le style pour lequel la journaliste était célèbre.

Les médias ont déjà fait de cette femme une icône de la lutte pour la vérité, la résistance au pouvoir, l’opposition à la violence.

Nous n’avons pas souhaité construire un Personnage Anna Politkovskaïa, porté par une actrice arborant un seul “visage”.

Face à une dramaturgie sans métaphore, directe et crue, nous avons mis en scène une "actrice non réeducable”, loin de toute tentative de spectacle politiquement correct.

Nous l’avons placée dans le même espace que les spectateurs, au même niveau d’impuissance.

Le public est invité à visiter le lieu de travail de l’actrice, un théâtre pauvre et nu, où l’on décèle, entre obscurité et pleine lumière, les efforts qu’elle déploie pour passer d’un masque à l’autre.

Elle évoque ainsi la guerre qu’elle ne peut pas vraiment connaître, l’héroïne qu’elle ne sera jamais, la douleur qu’elle ne peut que représenter par l’artifice du jeu scénique.